• Myriam Perrozet

Accompagner les enfants diagnostiqués TDA(H) vers un mieux-être

Mis à jour : avr. 20

Depuis une dizaine d'années, on entend beaucoup parler d'enfants diagnostiqués TDA (Trouble De l'Attention) ou TDAH (Trouble De l'Attention avec Hyperactivité). Les manifestations sont diverses mais essentiellement liées à un déficit attentionnel, une gestion émotionnelle difficile, une agitation motrice, qui souvent ne fait pas bon ménage avec l'école, qui elle demande aux enfants d'être assis en moyenne 5h par jour.


Au niveau biologique, il s'agit d'un déficit de fabrication et de transmission des neurotransmetteurs type dopamine, plus particulièrement au niveau de la zone du cortex préfrontal et du cortex périphérique. La dopamine est alors fabriquée en quantité insuffisante, et sa transmission au niveau des synapses engendre une forme de déperdition.



Un des protocoles allopathiques consiste à administrer de la Ritaline®, contenant du méthylphénidate qui va ralentir l'élimination de la dopamine. Cette molécule apparentée à la structure de l'amphétamine n'est pas sans risque car elle a un effet délétère sur le foie, peut provoquer des maux de tête, des insomnies, des douleurs abdominales, et modifie l'amplitude cardiaque et respiratoire. Il peut y avoir également un effet d'addiction car cette substance est considérée comme une drogue. Son administration est donc règlementée par l'Agence du Médicament.


Kim John Payne, chercheur, éducateur et consultant familial propose une alternative, qui s'apparente à une méthode pleine de bon sens pour accompagner ces enfants. Il a mené une étude démontrant que les troubles attentionnel et d'hyperactivité pouvaient être réduits considérablement :

- en augmentant le temps de jeux libre,

- en réduisant le nombre de jouets et de vêtements,

- en limitant le temps d'écran,

- en augmentant le temps passé en pleine nature,

- en désencombrant les agendas des enfants,

- en redonnant toute la place au mouvement du corps,

- et en impliquant les enfants dans les tâches collectives (participation aux repas, ménage...)



Les résultats sont sans appel. L'auteur de "Simplicity parenting" nous démontre qu'en quatre mois seulement, en simplifiant le mode de vie de ces enfants, 68% d'entre eux n'ont plus de déficit attentionnel et leurs résultats scolaires ont augmenté par la même occasion de 37%.


Les progrès en neurosciences de ces quinze dernières années nous montrent également que le mouvement est en lien direct avec le développement neurologique de l'enfant. Les connexions synaptiques du cerveau vont se créer grâce à l'interaction que l'enfant va avoir avec son environnement (mouvements et échanges relationnels).

Hors aujourd'hui les jeunes sont en fort déficit de mouvement, et cela commence très tôt.


En effet, les enfants sont placés sur des durées bien trop longues en coque (cosi, youpala, transat nid, soutien-nuque...) à des périodes cruciales de développement, et ce manque de mouvement entraine un effet néfaste sur l'intégration de leurs réflexes archaïques.

L'école, la position assise, les écrans ne favorisent pas non plus le développement cognitif, car en moyenne, il faudrait que l'enfant bouge 5 à 6h par jour... nous sommes très loin du compte.



Les réflexes sont le socle du développement du système nerveux et encéphalien. C'est grâce à leur intégration que l'enfant va pouvoir se concentrer, développer les fonctions exécutives nécessaires aux apprentissages (mémoire de travail, contrôle inhibiteur, flexibilité cognitive), apprendre sans effort, et interagir avec les autres avec facilité.

Il s'agit des "fondations de la maison", "la maison" étant le système nerveux central et périphérique. Si celles-ci sont fragiles, rien ne tient, aussi bien sur la dimension physique, émotionnelle et cognitive.


Heureusement la plasticité cérébrale des petits est une grande opportunité, car les connexions non établies à ces périodes de développement peuvent être créées grâce à une éducation postérieure des réflexes. Une fois que les fondations sont solides, toute forme de gestion émotionnelle, motrice et d'apprentissage peuvent venir s'imbriquer un peu comme des pièces d'un puzzle.


Les réflexes dans un monde sans stress devraient s'inhiber naturellement, hors dans notre société dite "moderne", les lois naturelles du développement de l'être humain sont encore insuffisamment respectées, car véritablement méconnues. Rappelons nous que les sciences affectives et les neurosciences ont fait leur apparition que tout récemment.


Aussi privilégions des méthodes douces pour accompagner ces enfants, beaucoup de bon sens, de la disponibilité et surtout redonnons la place centrale au corps et au mouvement.


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Le cerveau de l'enfant